Vals tu vas

Valser

Macron t’es un

Gros con

Trucidères-toi

De dès lors

Serait-ce
l’opale pâle à peine naissante
qu’essaiment de longs ciels noirs
morte d’à peine un rien d’une crevure de ficelle
pendu à son chuchotement de sein froid
un vieux clips à vous mettre le cafard
dans les gencives
vous vous souvenez quand vous appuyez votre mâchoire
pour qu’elle crache quelque chose de plus voulue
quelque chose de désiré
et qu’elle vous trompe dans un hurlement
de chienne rouge
Serait-ce
d’un jour ou l’autre la catastrophe de beauté
ces flots d’Amazonie charriant
les plumes perdues des perroquets
comme si l’on emportait d’une ivresse fragile
les filets de vent et les odeurs du ciel
la simple pensée du bleu
quelques souvenirs de gens heureux
des jours où la plage est un carré de nacre
à peine remis d’un rêve où il est question
de partir loin
alors que je marchais dans cette rue
le cœur plein d’amides incertaines
et même mes yeux, même mes yeux étaient
asséchés des commodités de ma vie
j’avais sur le dos
le paquet d’ombres
de mes terreurs d’homme
et tout à coup
ça m’a coupé le souffle
c’était comme une aventure
un vrai voyage
avec une forme
d’apesanteur unique
un don de la lune
une connexion à des choses gigantesques
que l’on a peur d’aimer
mais pourtant pas plus grandes
que la longueur de mes pas
que la force de mes bras
que la hauteur
de mon destin

m’avait-il dit
et je l’écoutais
comme sorti de l’hiver.

Apparemment
CE VENDREDI
Les truites sont EN PROMOTION
Alors
PRECIPITEZ-VOUS
Dans votre magasin le plus proche
ET PRENEZ une truite
Et mangez-la
Et mangez-la
Et mangez-la

Lèche le bonheur sur le rebord des plaies

comme une sangsue heuristique

tu t’épanouis à t’enfler

et te prête des airs de grand-père-roi

quand tu n’as rien planté ni même vu pousser

la moindre rose du matin

où donc est la passion qui anima

dans tes mains les largesses des fleuves aimants

vieux jaloux !

vieille pute humaine

crachant sur tous ses vieux clients

tu maudis les étoiles et les raisons d’être nées.

 

 

 

 

C’est incompressible

ça se zippe pas.

Le poème du front

Le poème de mon front triste aplati sur le clavier.

 

Μùml;j,nhbgvfcdswq<gftvr(eswvb

n,q<sdcfgvbhjn, tgrf(-yèu_ik,jnjhb gvfcrftgyhujikopmù^*

 

Allégresse

Tu pouvais

remonter les rues comme des pressoirs d’allégresse

t’en mettre plein la vue

du cirque immense

Passer d’un chemin à l’autre

Espérer une fille  une belle étoile

suceuse comme un trou à merveilles

on se reverra

oui oui dans le noeud

le nœud de tes rêves

un paquet de frites sans sel

Tu plastronnais

t’aurais bien emporter tout ça toute cette fumée

cette caillasse de rire

de dépenses perdues

Celle-ci avait une espèce de cause muette

dans ses yeux

elle serait morte à 25 ans

y’a même pas un siècle

tuberculose

tout ça sa petite gorge extrêmement fragile

menue infime

une tige de tournesol

on n’est plus certain

de ce qui est grave

à part les types qui ont des valeurs qui piaillent

comme des mouettes butées

qui vous les assènent comme si demain était leur

petit chien toutou en laisse

Tu pouvais

à traverser les rues où se planquaient les ombres

plus craintives que

des crabes

tu pouvais

t’en mettre plein

du délire

louvoyant

 

 

 

Un jour sans fin

C’était comme des miettes

qu’on ramassait du bout des doigts

dans le sable dans le vent dans le

tremblotement

des appels sucrés de trêves

dans le soulèvement de nos pas

affranchis

dans l’embarras de tes cheveux

je me rappelle une

liane de parfums

la Pentecôte de mes insurrections

des petits riens

aussi nombreux que la pluie

des petites choses

prises à leurs lieux d’amour

leurs libres entrains

leur volage équinoxe

nous fleurissions

dans l’embrasure de nos formes

à la moindre occasion

de nos mains, de nos yeux, des tiens

au serrement de nos serments et l’inverse

c’était

pas si mal.

A vif

La baignoire enflée. Mousse-toi. Fonds-toi.

Les fenêtres tremblent comme

des oiseaux tombés dans la neige

Noie-toi.

Jusqu’à t’atteindre à vif.

 

Divagations

Les vagues irremplaçables

les soufflures du vent

comme

des doigts de crabes

des fractures à mon oreille

des gens qui crient comme des nœuds de saxophone

il faut les entendre ils sont

au loin

là où les goélands n’ont pas pieds

où on retrouve leur carcasse écartée comme des

éventails

il y a surement des êtres beaux qui hurlent

des gens qu’on aurait aimé qu’on aurait

aimé

doublement

si l’on avait pris la vie de là-bas

comme ces appartements immenses

qu’y fait-on qu’y croise-t-on a-t-on toujours

son voisin qui est quelque chose d’autre

de terrible

d’ignoble

ou de radieux

quel amour et quelles attentes

quel climat

quel richesse quelle pauvreté

serais-je mort de traverser

toujours plus maigre

les obstacles

tandis que la plage étincelante

est sans obstacle

sans contrariété

prête à retenir les échecs

soutenant l’ossature

de la mer de l’horizon, des rêveries parfois brusquées

truquant le vieux reste d’un bunker

qui attendait là l’ennemi

pour lui flinguer le crâne

un souvenir dans le sablier

un plainte lourde de canon

tellement lourde

de silence

et les maisons ne sont pas chères dans le coin

elles ont une morale au pas de leur porte

le goût d’un tas de morts d’un tas de sang

souhaité

plus amer que les vagues

qui tournent les pages dans l’illisible

et ne font que pleurer

berges immondes

berges merveilleuses

berges amoureuses berges

huantes je crois

même

sentir du plaisir comme ce chien qui court

 

à se brûler la gorge

vers sa sauvagerie

internationale

 

 

La plage

Les baobabs

Et les

Jolies filles

Dans les baobabs

Et les

Cocktails bleus

Aux lèvres rouges des jolies filles

Les rêves orange des cocktails bleus

Qui remontent les pailles mauves

Fort tendrement

Et les rires comme des poignées de sable

Lancées au travers des gorgées de vent

Le soleil sur la peau comme une force de sexe

Les baobabs contre

Les cocotiers

Les agrumes charnels

Les glaçons glacés

Deux suprêmes sirops

Amoindris d’eau gazeuse.

 

Le lac

C’est plat
relativement
quelques pneumatiques jaunes
un corps de vieil homme albâtre
qui flotte
on dirait un verre d’eau qui s’ennuie
au bord d’une table
en plongeant
la vase au fond
fait comme une chevelure de noyée
une sorte de chose qui a envie de toi
dans la mort
de toute façon : languide
je n’ai que ça à dire
tout à l’autre bout un château
inexpugnable
en nageant on craque
les épingles dans son dos
on retrouve
le vertige
de la poésie
en nageant
dans l’eau fraîche comme dans une
gelure d’incarnats impalpables
une toile d’araignée
dehors c’est trop chaud c’est un soleil d’empereur incas
un truc à sortir des scorpions
par auto-génération
d’un trou sec
comme des apôtres de l’apocalypse
un énorme rocher suspend
son espèce d’attente gravitique
stellaire
dans la mélancolie de son ombre
l’eau est un peu plus froide par-là bas
elle est moins dans l’haleine de l’été
c’est comme si on entrait
dans ses propres craintes
et pas loin il y a une femme
superbe comme un coquelicot elle joue au
poisson-déesse elle se transforme
pour rejoindre son château
sirène réelle
bah moi
tout ça
ça me fait un souvenir
pour tripler
mon espérance de vie.

Quelconques Choses

Je ne comprends pas comme
un gratte-tonnerre un croc-ciel
d’une scieuse électrique crevant le gros bouton de bonheur
d’une strate millimétrée bleue
où des dragons au museau de chien-loup
portent chance aux ventrus des bonnes gens
idem l’amour à l’envolée moyennant
presque dans la bouche des sorcières de cachemire décati
presque un conte de fée, fabliaux récompensé
Un oscar pour tout ce que vous dites
ce que vous faites et tout ce que vous êtes
Je Veux un oscar
et baiser les marions cotillons par million
dans des catastrophes de champagne
illumino-millésimé-millimétré
dans la splendeur des entrelacs de vieux mouchoirs ébahis de larmes
avec tout autour la culture
de la fureur de s’atténuer de s’entre-disparaître
idem l’autre soir
l’expérience oblige de l’autre soir
dans la splendeur que j’ai projeté de l’autorité du futur
à la demi-teinte d’une nostalgie semi-crayeuse semi-friable
semi-filtre d’aquarium à poissons tropicaux fébriles
dans cette splendeur étalée sur le monde comme une nappe de pique-nique clairvoyante
il y avait toi
toi toi toi
dessinant la ville de tes formes
l’urbaine-féminité
redessinant les rues-bites des boulevards-teub
étroites longues ou
fouettant l’horizon
vomissant les nuages moites
vampirisant le cosmos
redessinant tout ça toutes ces choses
quelconques.

Qui passe

Une femme passe avec
une fleur énorme dans les cheveux
à tel point
(c’est la nuit)
que je ne sais pas
si c’est une fleur
mal déguisée en femme

A celui de Plénitude et Richesse

Comme sous la chaleur éclaboussante
l’haleine incantée d’un Phénix
rôtissant les nuages
alors que je suis comme dans une Bulle-Fournaise
vibrante du susurrement Mayfieldien
flot d’une insolente agonie
Presque-Mort qui se maintient hystérique
gribouillis du vent moratoire
ça sent les jours comme du sable
de Malo-Les-Bains mêlé aux rires
Là il est temps mes amis révolutionnaires
de mettre les lunettes violettes et les
chemises coquelicots
Pour décider de son destin d’amour
s’enfiler des comédies romantiques
chasser les hippies qui sont devenus
Maîtres du Monde
et réhabiliter
Le Dieu de la Fleur le Dieu du Bleu
Le Dieu des tartes aux fruits des Parfums
des Embrassades Brûlantes
des Papillons
des Yeux
Qui
Triomphent
des Coups de Soleil.

essai O-poétique

Sous un soleil pleins phares
-en fermant les yeux, des déesses épileptiques
prennent des allures de méduses-
profiter timidement d’une ombre engloutissante
marcher plus vite que sa torpeur
voir des femmes-fleurs passer
voir des femmes-flammes passer
voir les corps émerger
des sueurs comme d’un cocon
papillons aux robes bleues vertes et roses
j’ai vu
d’indescriptibles totémiques cristaux
petits dieux d’air frais
rigolos
manger la lumière
j’ai vu
le pas des passants passant plus vite
que mes songes songeant à toi
lentement
j’ai goûté
une limonade chez un glacier
servie tiède comme l’intérieur des maisons
et la grande roue roulait
comme roulent en moi mes pensées

j’ai erré d’une errance heureuse
serrant les jours comme de l’eau claire
dans mes paumes sèches
chantant le deuil de la pluie
et la nuit
rien ne s’apaisait, même en moi où
d’agate danseuses
réveillaient les fauves
les messes et les mystères
d’ailleurs.

Lande

lande heureuse et sucrée
un poème de bouche un poème
d’effigie abrupte
lande parcellaire
creusée d’arômes incas
de nuages encore secs
comme des souvenirs de pluie ronde
des abreuvoirs de rhum au lait
lande de roi-fleurs
pérorant d’humus muscade
sous des trèfles affublés de trois feuilles
se prenant
au jeu de leur ombre de compagnie
au jeu du chien de leur ombre de compagnie
des glaçons tout durant la bouche
lande de gaufres
de Bruxelles
lande tendre
fruit précisé d’un rêve
qui suspend son heure
aux rebours des amoureux
dans un alignement tiède
des astres.
Lande férale
flairant la trace en sang
d’une chose qui traîne son innocence
comme son cadavre blême
lande à moitié à côté de la plaque
traînant tes bouts sans jamais faire un morceau
de crème
lande
idéal qu’on croit espérer.

MMM

J’aimerais être
un soldat
interconnecté
ultra-blindé
mega-mix
brandissant des Tankouilles
énucléaires
avec
des yeux drones
deux yeux-Zeus
des yeux Coma-frappeur du Juste Vrai
Foudroyants-Terribles-invisibles
comme un ciel sous les nuages
Je réduirai en poussière
tous les méchants
j’en ferai des Aquabulles
éphémères à la moindre collision:
paf-pif-pouf-poudre-d-escampette
j’en ferai des Gratinés de poussière de désert
J’aurai un équipement pour me fondre
dans les feuilles de l’automne
les feuilles du printemps
dans le blanc de la neige
le corps du calme
drapé mielleux dans le bruissement du pouls infime
des forêts
J’aurai un casque comme la vasque
des soupirs de mes cibles
le creux de leur agonie
y déposer une dernière larme
pour la route
la famille les enfants
une image faiblement éclairé
digne d’un souvenir inapaisé d’une mort qui ne compte plus
petit village de chèvres
hallucinées
Le casque des complaintes
des mélanges météorologiques
alchimiques
un casque magique un
profond puits
où résonneront le cliquetis des clics de mes balles
de mon arme
une super arme
une arme de gosse
multicolore
rétro-éclairée
déchireuse de chair inflammeuse de
vie
la grande Gargamelle
la cracheuse pulsionnelle
émulsionnelle
Sodome et Gomorrhe
J’enfourcherai les filles
après avoir défourné le père
transformer en bifteck
elles seront des pornographiques amoureuses
idem
dans la sauvegarde du monde prochain
du jour d’après
J’aurai tout ça
tout ce manège de la mort
pour mon anniversaire
demain
s’il vous plait
cotisez-vous
10 euros chacun
dans la tirelire
hop

Glouglou

Renversé un peu de
cocktail sur
moi
ça ressemble à un drame de mec flapi
épuisé d’une fatigue de nuages une embolie de paresse
La musique est comme une allumette qui se rapproche du doigt
ou plutôt la flamme qui remonte l’allumette vers le doigt
elle est
lente et fascinante et brillante et dans tous ses états de pesance
aérospatiale
et puis
J’ai envie de recréer les conditions de la poésie
d’un coup
comme ça
comme ça
les conditions d’existence
et nécessaire
et suffisante
et radiante
et irradiante
d’une ultime prétention
d’homme à cocktail…
ça ressemble à un drame de mec calé dans son fauteuil !
qui écrit à l’américaine
parfois
pas souvent
pour ce soir
(Comme il y a des glaçons dans le cocktail
le jus est frais
et quand il me tombe dessus
brut de coffrage
c’est
la réalité qui se secoue
un chien dehors de l’eau)
Dans quel siècle vit-on dans quel siècle vit-on
aidez-nous aidez-nous dit-on
mais la poésie a trouvé sa petite retraite
elle a quitté ses statues et ses vers et ses allures
pour Là-Bas Le Beau Temps
elle se renverse du cocktail
sur son ventre aérostatique
et elle trouve la coulure comme
la ligne de son destin
la ligne de ses baignades
la ligne de ses plaisirs et
la ligne qui porte son hamac
sous les caveaux de l’azur
c’est le style français ça
sous les caveaux de l’azur

Un MAX

Un max de soleil
Technicolor
Aérobleuté
luminopalinoscopique
Bacchanale des pots d’échappement
Gros Ronflonflons
Un max
Atmosphère galetée
Survitaminée
Plaquée au sol par un judoka
Les Fruits des étalages des magasins type épicerie
gras gras gras
comme des bouddhas
des bouddhas citron des bouddhas orange des bouddhas pastèque
Un Max de soleil
Harassant
ça laisse les gens guimauve
nounours
attendri
parfois le passage obsolescent d’une caisse plein tube
avec les gens à l’intérieur ont l’air
de gratin de choses cuites dans leur jus
et le métro
un grand bac à sueur
un max de soleil !
Photo-luxuriant
Grave
Photonique.

Les

Des liens
comme dissous
dans l’air à moitié soft de nos on-dit
cette nuit à l’air d’aluminium
je veux y penser comme d’une substance abstraite
y passer comme un Scythe
elle a
la vanité d’une feuille qui s’accroche encore
à une étoile
qui temporise sa torpeur
c’est comme ça mi-novembre
une grande figuration
d’un presque-chose tu
et demain
demain matin
on rengaine
tout
sur une note
d’essai

Comme une raison

Et le peuple fêlure

 

Et mon sexe polymorphe

 

Sur le carrelage -pur

 

       Comme une Raison

Celui qui a été là-bas (poème symbolistique)

Dis-moi qu’as-tu vu se perdre là-bas ?
des datas des données d’aventures
comme de l’eau endolorie
qui se resserre dans la gorge
des rêves en demi-teinte
bipant mieux ainsi que les
boutons des sous-marins
des voiles sur d’autres voiles
masquant l’envers des masques
des impressions d’avoir aimé
sans qu’on ne se situe plus grand chose
des fourmillements dans le bras
une masse lourde
massue
et un bruit
un bruit de sein blanc
dans une galerie d’hommes mal rasés

De matin le monde

Fantastique
Superplane divaguant superdingue
Sphère de plumes comme un oreiller
Watt de nuit ouate
Te fous pas des espoirs des gens
Ça ressemble à un grand dragon mangeant le ciel
A travers tes yeux
Purée ce matin le monde !
On le piétine comme un vieil ennemi terrassé
Et les passants ont dans leur regard
L’absence de leur pas
Purée
Superpurée flocon fuligineux
Qui laisse les cuillères sales
Les assiettes pleines de fonderie
Tu n’es pas unique tu n’es pas un flocon
Blanc dans le transparent
Purée te dis-tu tu te grattes le menton te dis-tu
On ne me la fera plus celle-là je reste à l’abri
Je me rétracte comme un galet
Je me contracte comme un fantasme de la mer
Je me remets de plomb
Celle-là !
On ne me la fera plus
Prends tes dix doigts à leur façon !
Rédige ton destin
Capharnaüm superaérodynamique superpollen supermégacéleste
Le dragon aux écailles supermoulantes
Egrugeant des quartiers d’amour
Dans des lapements roses endormis
Des éclats d’absolu
Des obus de sang froid
Retrouvés par erreur dans un jardin
Et un homme qui se relève doucement de sa pelouse
Qui voit enfin
L’histoire de son arrivée
Et se dit
Je me remets de plomb
Droit fixe indéfendable
On ne me la fera plus celle-là

Love song

entière sa poitrine s’effiloche

faite de longs crochets

à saisir les mirages égaux

des pupilles larges ouvertes

sensibles grains grèges

parcourant d’un décibel les nuques

voluptueuses suées fileuses

comme les mains des vieilles noueuses

roulant l’élan lent

d’un chapelet de boules douces

Fait chaud

Fait chaud
sur les sièges en cuir
et
dans le fond des yeux,
des serpents qui suffoquent
et suintent entre les éclats d’air,
Fait chaud
une chaleur d’intérieur de chameau
réchauffé à la vue d’une chamelle
dans un désert de mille degrés
dernières nouvelles fraîches:
-traîne désespoir lentement
mais sûrement
-refonte complète du système cognitif
(adaptation à la massue des lumières lourdes)
-découvre la ressemblance de certains arbres
avec des boules à facette
-tourne dans virage avec l’air de la fenêtre gauche
qui amortit ma joue gauche et l’air de la fenêtre droite
qui dérape dans ma nuque
-condensation des muscles, les oiseaux font chanter les toitures et
le ciel bleu intense peluche
-vois femme belle passante infinie
faire dans mon imagination choses bien.
Fait chaud